Le Guide du Tablier # 8 : faire ses courses en vrac ou le principe des épiceries sans emballage !

Hop, hop, on est déjà au mois de novembre et c’est le retour du Guide du Tablier… La COP 21 approche à grands pas (puisqu’elle commencera dès la fin du mois) et le Guide continue à verdir et à parler de consommation. Aujourd’hui, un concept encore peu développé mais que j’adore : les épiceries sans emballage !

vrac

Le pourquoi du comment

Je pense qu’on est tous pareils : on achète certains aliments en grande quantité (contraints et forcés par le packaging) alors qu’on n’en a besoin que d’un peu. Dans le meilleur des cas, quelques jours plus tard, on utilisera cet ingrédient mais, le plus souvent, on ne s’en servira pas. Ca trainera dans le placard, ça attirera les mites alimentaires et ça sera rance quand on voudra l’utiliser de nouveau. Dans cette hypothèse, on est perdant/perdant : on paye cher et on gaspille.
Vous me connaissez, cela ne peut que m’horripiler ! Comme ça vous horripile aussi (ne dites pas non, je sais bien que si), aujourd’hui, je vous donne la solution qui (à mon humble avis) ne présente que des avantages, pour vous. Néanmoins, je n’ai pas oublié ma promesse de vous parler aussi d’écologie. Car, cerise sur le gâteau, vous réduisez drastiquement les emballages jetables voire vous réduisez aussi les pesticides en pariant sur le bio. Petite précision : comme cela est déjà arrivé par le passé, je vous parle ici d’un concept que je ne pratique pas régulièrement, aucune enseigne n’étant ouverte près de chez moi. Je n’y ai recours que très ponctuellement au rayon bio de mon supermarché.

Le principe des épiceries sans emballage

Le principe est on ne peut plus simple : vous consommez uniquement ce dont vous avez besoin ET vous ne produisez pas de déchet. Merveilleux, non ?
Globalement, cette idée n’est pas aussi novatrice que je peux vous le dire. En effet, lorsque vous allez faire vos courses dans un supermarché, vous avez peut-être déjà croisé des distributeurs de vrac (ça existe depuis 11 ans chez Auchan). Vous mettez ce dont vous avez besoin dans un sac en kraft (éventuellement vous avez une petite balance pour savoir où vous allez) et la pesée se fait en caisse. En fonction de la taille du supermarché, il est plus ou moins développé : du seul rayon bio (essentiellement des céréales et des noix) à une grande quantité de produits secs (pâtes, riz, céréales transformées, graines, céréales…). Pareil dans les magasins bio, ces distributeurs sont monnaie courante (cela existe depuis 29 ans chez BioCoop). Là où se situe l’idée de génie, c’est de transposer cette idée toute bête à un magasin entier. Impossible, me direz-vous ? Impossible n’est pas Français (enfin, l’idée de base n’est pas vraiment française mais on s’en fout) !
Dans ces épiceries d’un nouveau genre, vous venez avec vos propres contenants (des pots de confiture, des tupperwares, des cagettes…). Si vous n’en avez pas/les avez oublié, les contenants réutilisables vous sont fournis. Ensuite, vos contenants sont pesés (bah oui, on ne va pas vous facturer le poids de contenant qu’en plus vous avez apporté), vous choisissez ce que vous désirez et dans la quantité que vous souhaitez. Vous passez alors à la caisse. Lorsque vous rentrez chez vous, il ne vous reste plus qu’à ranger vos achats dans vos placards.
Bon, sur le papier, c’est bien beau mais, en réalité, c’est quoi les avantages ?

Une démarche gagnant-gagnant

Sans exagérer, je trouve qu’il n’y a que des avantages à cette démarche !
En matière de gaspillage alimentaire : si vous êtes un tant soit peut organisés, c’est simple, vous réduisez à presque rien le gaspillage alimentaire de produits secs. Comme vous ne prenez que ce dont vous avez besoin (et qui est noté sur votre liste de courses), plus rien (ou presque) ne doit partir à la poubelle. Or, c’est quand même super important quand on sait qu’on jette approximativement 32 kg de nourriture dont la moitié est encore consommable.
En matière de déchets et de recyclage : juste pour vous donner une idée, on jette chaque année 390 kg de déchets. C’est impressionnant, surtout quand on sait qu’une grosse partie est purement et simplement incinérée car il s’agit de déchets non recyclables ou de déchets recyclables mais non triés. Et le pire dans tout ça c’est que ce retraitement des déchets a un coût financier indéniable. En plus de payer pour avoir le suremballage, vous payez pour vous en débarrasser… Quand je vous dis que ça ne sert à rien le suremballage !!
En matière de santé : certes, c’est une goutte d’eau dans un océan mais on sait que les ingrédients et les emballages ne sont pas isolés l’un de l’autre. Pire, il y a des échanges de l’un à l’autre. Or, ces additifs (le bisphénol est peut-être le plus connu et le plus d’actualité) passent dans la nourriture et donc dans notre organisme. Je vous dis ce que ça fait dans vos petits corps ? Stérilité, cancer…
En matière financière : lorsqu’on achète un paquet de riz en sachets, dans une boite en carton, on est bien d’accord : il y a du suremballage en pagaille et à l’utilité toute relative. Sauf que ce suremballage n’est pas produit gratuitement : la matière première, la fabrication… sont autant de surplus financiers qui sont à la charge… du consommateur ! Concrètement, cela représente environ 20% du prix du produit ! Dans le même sens, il est très rare que le packaging ne soit pas inspiré par le marketing. Sans jolies boites, sans jolies couleurs, sans jolies dessins, on n’achète pas. On est con, hein ? Mais c’est un état de fait. Cependant, là encore, les pros du marketing et de la publicité ne font pas vraiment ça gratuitement. Et devinez qui est (encore) le dindon de la farce ? Vous et moi, les consommateurs ! Avec le vrac, on coupe court à tous ces surcoûts industriels : pas de suremballage, pas de marketing, pas d’euros à dépenser en plus et inutilement ! Concrètement, ça se traduit par un prix réduit de 10 à 45%, en fonction des produits…
En matière environnementale : en disant non aux emballages, on fait aussi du bien à la planète. Toutes les boites de conserves, tous les sachets plastiques, tous les emballages cartons et plastiques polluent deux fois. La première fois, c’est lors de leur production (utilisation de matières premières et d’énergies non-renouvelables) ; la seconde fois, c’est lors de leur mise au rebut (gestion des déchets, possiblement non recyclables).
Bien sûr, il doit y avoir des inconvénients… mais je les cherche encore !

Une démarche encore plus poussée

Je pense que là vous voyez bien la démarche que l’épicerie en vrac sous tend… C’est pour cela qu’initialement, on retrouvait le vrac dans les magasins bio, que le vrac dans les grandes surfaces c’est souvent du bio et que, dans ces épiceries, on retrouve pas mal de bio.
Or, j’aime encore plus quand l’idée est poussée à son paroxysme en privilégiant la vente de produits bio et élaborés localement ! Je ne pense pas avoir besoin de vous faire un dessin. Dans ce type d’épicerie, les avantages sont décuplés : des produits encore plus sains, des produits avec un impact écologique encore plus réduit (pas de pesticide et pas/peu de transport)…
La Recharge, à Bordeaux, est une épicerie en vrac indépendante et récente qui promeut précisément cette démarche !

Quelques épiceries ou franchises

Je ne sais pas si vous connaissez/pratiquez le courses en vrac… Au cas où, je vous donne quelques pistes (ça concerne essentiellement les grandes villes, à tout le moins pour les enseignes ayant pignon sur rue et/ou un site internet).
Day by day, c’est la première chaine d’épicerie vrac en France. Dans ces épiceries, vous trouvez des produits secs, des produits d’entretiens, essentiellement fabriqués en France. Sur leur site internet, vous pouvez retrouver les différentes implantations de Day by day. A ce propos, un nouveau magasin ouvre aujourd’hui à Limoges ! D’ailleurs, si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez sauter le pas et devenir franchisé !
Jean Bouteille, c’est plus limité puisqu’il s’agit uniquement de la vente de liquides et c’est seulement à Lille.
Euskal Vrac, dans le Pays-Basque où l’on vend beaucoup de choses en vrac : du riz au chocolat en passant par le liquide vaisselle.
Envie de Nature, à La Rochelle qui vend des produits de beauté… bios… et en vrac !
Je ne veux ni faire de la publicité pour ces marques (que je ne connais que de nom pour la plupart), je ne veux pas être exhaustif. Je veux simplement vous montrer que quand on cherche un peu, on peut trouver de la vente en vrac dans plein de domaines et d’endroits différents.
Si jamais près de chez vous, vous n’avez pas une grande surface avec un rayon vrac, un magasin bio ou une épicerie de vrac, vous pouvez tenter l’aventure via Internet. Peut-être existe-il d’autres sites mais, moi, je n’ai trouvé que celui-ci : Il était une noix. Si c’est une épicerie qui prône le bio et le sur-mesure, je suis un peu moins convaincu par la démarche (ça reste un très bon pis aller pour tous ceux qui n’ont pas de vraie épicerie vrac près de chez eux). En effet, sur ce site, c’est du demi-vrac puisque vous choisissez la quantité qu’il vous faut (S, M, L ou XL) avec un prix dégressif. En revanche, je trouve qu’on ne va pas (vraiment) au bout de la démarche puisque la quantité est plus ou moins imposée, il y a quand même de l’emballage (même si c’est du recyclable, ce ne sont pas des contenants réutilisables), on ne consomme pas local… On va dire qu’on touche ici aux limites du concept, surtout lorsqu’on veut le transposer au numérique.

Le point COP 21

Après vous avoir expliqué le principe et la raison d’être de cette COP 21 le mois dernier, cette fois, je vais vous confier quelques pistes sur les actions citoyennes qui peuvent accompagner et soutenir la COP 21 et, plus généralement, les petites actions que vous pouvez mettre en œuvre pour changer les choses… Je vais me répéter mais mon but n’est pas de faire la morale ou de vous culpabiliser. Bien au contraire, je veux juste vous montrer que tout ce qu’on fait a des conséquences, en positif ou en négatif. Dans le même sens, pour les propositions que je vous fais, ce sont des pistes, des idées… Vous pouvez vous composer un comportement éco-responsable à la carte, en choisissant ce qui vous semble le plus simple, le moins contraignant.
– Les gestes pour la COP 21 : signer la pétition de Nicolas Hulot pour montrer à nos dirigeants que c’est à eux d’imaginer le monde de demain ; se documenter sur le sujet pour comprendre les enjeux : Tout peut changer de Naomi Klein (un gros pavé hyper complet et technique, à réserver aux plus motivés) ; 30 questions pour comprendre la conférence de Paris de Pascal Canfin (un livre court qui va à l’essentiel, neutre en carbonne, idéal pour les néophytes ; s’il n’y en avait qu’un à lire, ça serait celui-là) ; Osons de Nicolas Hulot (parce que l’espoir est toujours permis quand on ose) ; participer à la marche pour le climat le 29 novembre ; parce que la société civile se bouge aussi les fesses, allez faire un tour sur Place To B ; enfin et peut-être surtout vous renseigner sur la chose et en parler autour de vous que ce soit sur les réseaux sociaux ou avec vos proches (personnellement, les miens viennent d’investir dans des boules quies ;-)).
-Les gestes de tous les jours : utiliser autant que possible les transports en commun ou le covoiturage ; changer de fournisseur d’électricité pour une société se fournissant exclusivement en énergies renouvelables ; changer votre alimentation (je ne vous dis pas de devenir végétarien ou végétalien : c’est un choix qui revient à chacun) en mangeant moins de viande mais de meilleure qualité (juste pour vous rendre compte : en mangeant végétarien une fois par semaine, c’est-à-dire en écartant simplement viande et poisson de vos repas, c’est comme si vous laissiez votre voiture au garage un mois) ; maitriser sa consommation d’électricité et d’eau en éteignant les appareils en veille, en recourant aux LEDs et ampoules basse consommation, en privilégiant les douches au bain, en réparant les fuites d’eau ; éviter autant que faire se peut le gaspillage et pratiquer le tri-sélectif voire le compostage… Vous l’aurez compris, tous ces gestes ne connaissent de limites que celles de votre imagination : de celui qui va simplement éteindre le robinet en se lavant les dents à celui qui va installer des toilettes sèches, on a tous notre rôle à jouer.
A cet égard, je vous conseille de télécharger l’application « 90 jours ». Là encore, le but n’est pas de vous culpabiliser, bien au contraire. En fonction de votre motivation, de vos envies, l’application vous propose des défis que vous êtes libres de refuser ou de relever. A chaque fois, on vous explique le pourquoi du comment (un peu de pédagogie, ça fait toujours du bien). Cerise sur le gâteau, le tout se fait dans la bonne humeur. Il y a des défis simples (adopter le sac de courses réutilisables), des défis loufoques (faire pipi dans la douche, vous pouvez rire mais vous économisez beaucoup d’eau ainsi ;-)), des défis de bon sens (afficher le calendrier des fruits et légumes de saison dans votre cuisine), des défis appelant un changement en profondeur (coller un autocollant stop-pub ou s’inscrire dans une AMAP), des défis engagés (devenir végétarien pendant une semaine)…

En conclusion…

Comme je vous l’ai dit, je ne connais le principe des épiceries sans emballage que sur le papier. Je ne sais pas s’il est pratique ou non d’acheter et de conserver certains produits achetés de cette manière… Néanmoins, sur le principe, les motivations et compagnie, j’adhère totalement. De plus, je sais qu’Eléonore du blog « La fourmi élé » a recours à ce type d’épicerie de temps en temps et qu’elle a l’air d’y trouver son compte.
En grandes surfaces, j’ai déjà essayé ça et je trouve que c’est hyper pratique, notamment quand on achète des produits coûteux et en petite quantité. Par exemple, pour ma salade de courgettes aux pignons, j’ai besoin de quelques pignons. Or, c’est un produit onéreux (70€/kg) que j’utilise relativement peu. Par conséquent, si j’achète ça dans un conditionnement classique, je vais avoir une centaine de grammes pour 6/7€. En plus d’être cher, ça risque d’être gaspillé…
Pour conclure, j’espère juste vous avoir fait découvrir une nouvelle façon de consommer et, pourquoi pas, vous avoir donné envie d’essayer !
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3 commentaires sur “Le Guide du Tablier # 8 : faire ses courses en vrac ou le principe des épiceries sans emballage !

  1. Bonjour,
    dans un village de la Drôme, Hauterives 26390, un magasin indépendant « Le Panier du Facteur », a décidé d’offrir un nouveau service : des produits en vrac sans emballage,
    Vous choisissez les produits selon la quantité qui vous convient, avec vos contenants, nous les tarons sur la balance.
    Vous trouverez : des Légumes secs , du riz et des pâtes, des fruits secs, des arachides, des gâteaux, le tout en box en Plexiglas certifiés contact alimentaire sans Bisphénol A et de fabrication Française,
    Vous trouverez également des fruits et légumes en vrac en majorité de producteurs locaux et Français, le tout en emballage papier,
    mais aussi des fromages du Vercors et de Savoie à la coupe ainsi que des fromages de producteurs locaux (au lait de vaches et chèvres),
    avec également de la charcuterie à la coupe (Jambon blanc et sec, terrines, Rosette,…),
    Le Panier du Facteur 1 rue André Malraux 26390 HAUTERIVES
    http://www.lepanierdufacteur.com

      1. Pas de soucis, merci pour les encouragements.
        Les mentalités seront un peu longues à changer, mais le défi est intéressant à relever et urgent.
        Que tout le monde arrête la solution de facilité du supermarché, et de se laissé berné par toutes ses fausses publicités et incitations en tout genre de manger sain sans même savoir ce qu’il y a dedans (huile de palme, produits nocifs, produits ayant fait trois fois le tour de la terre avant d’arriver dans l’assiette, ………..
        Merci encore et courage à toutes et tous => vive les produits sains et locaux.

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