Les TAL du Tablier # 2 : et si 2017 rimait avec espoir ?

Cela fait maintenant un peu plus d’un mois que j’ai déserté ce blog… Après avoir hésité à tout arrêter, j’ai décidé de continuer cette belle aventure mais, avant que tout reprenne un tour plus normal, je vais vous raconter une petite histoire…
Il y a un peu plus d’un mois, je jouais au Père Noël avec une amie (oui, je sais, cette année, j’étais un peu à la bourre). En déposant Charlotte chez elle, je pontifiais sur la manière de vivre un deuil, alors même que je n’ai jamais connu le décès d’un très proche… Deux jours après et sans signe avant-coureur, mon monde s’est écroulé. Quelques jours à voir danser un proche au bord du précipice, sans ne pouvoir rien faire. Qu’attendre et espérer. Plus rien n’a de sens, plus rien n’est rationnel, tout ce qu’on pensait savoir vole en éclat. Heureusement, les choses se sont doucement arrangées. Toutefois, nous avons tous été marqués au fer rouge et nous avons pris conscience de beaucoup de choses…
C’est pourquoi je vous souhaite une magnifique année 2017 (il ne me restait plus beaucoup d’heures mais je suis encore dans les temps). On pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres, qu’on est à l’abri, qu’on est plus fort que ça. Et bien non. Alors, profitez de l’instant présent comme si c’était le dernier. Concentrez-vous sur le positif et laissez de côté le négatif (et les cons). Surtout, pensez aux autres. Il existe des dizaines de façons de le faire. Vous pouvez bien sûr donner à des associations mais tout ne se résume pas à cela non plus. Soyez présents pour votre famille et vos amis, donnez de votre temps… C’est peut être même le principal. Au cours de ces quelques jours, nos proches ont été absolument exceptionnels et on ne les en remerciera jamais assez. On a aussi rencontré un personnel hospitalier hors du commun. Un regard, une poignée de main, des petits gestes qui semblent anodins mais représentent tellement dans ces moments là. Pour toutes ces raisons, j’ai eu envie de placer ces TAL et ce début d’année sous le signe de l’espoir car on peut tout avoir, sans espoir, on n’avance pas. A l’inverse, on peut être privé de tout, seul l’espoir nous permet de tenir debout… L’espoir transcende tout. Et tous.
Avant de passer aux livres du mois de janvier, je voudrais terminer avec une phrase que j’ai entendue il y a quelques jours dans « C à vous » et qui m’a beaucoup marqué : « on ne peut pas rajouter des jours à la vie mais on peut rajouter de la vie aux jours »…
PS : je ne sais pas comment font les autres blogueurs mais, me concernant, je réalise mes recettes bien en avance (pour vous donner une idée, j’ai à peu près un mois de recettes d’avance et j’ai commencé celles de Noël en octobre). Par conséquent, même si en décembre/janvier, je n’en ai eu ni le temps, ni l’envie, j’avais des « recettes de saison » dans les tuyaux. Ne pouvant me résoudre à les garder que pour moi encore une année, je les posterai dans les semaines à venir. Attendez-vous donc à retrouver des bûches, des galettes des rois et autres réjouissances en février ou en mars ! Et oui, il n’y a pas de date pour se faire plaisir !

livre
« Réparer les vivants », Maylis de Kerangal (7,70€) : il s’agissait de mon coup de coeur littéraire de 2014 ou 2015. Sorti lors de la rentrée littéraire de janvier, ce livre n’avait pas bénéficié de toute la lumière qu’il aurait mérité.
Un jeune homme part faire du surf et, en rentrant, il a un accident de voiture. En situation de mort cérébrale, on demande aux parents s’ils acceptent que ses organes soient donnés. En l’espace de 24 heures aussi longues que terribles, Maylis de Kerangal nous fait participer à ce ballet du don d’organes. On croise tous les intervenants du patient décédé au malade en attente de greffe, en passant par l’infirmier en charge du don d’organe. Ces vies se mêlent et s’entremêlent sans jamais se croiser. On ressort à bout de souffle de ce roman qui nous donne à voir tout ce processus de mort et de vie. On se laisse cueillir par l’émotion à chaque page. Inévitablement, ce roman soulève des questions et nous interroge sur nos rapports à l’autre, l’irréversibilité de la mort, la fragilité de la vie… Ajoutez à cela le style atypique et la délicatesse de Maylis de Kerangal et vous avez un très joli livre qui démontre que même dans les pires situations, même face à la mort, il y a un espoir. Si on le veut vraiment, la pulsion de vie transcende toujours la mort…

« Vous n’aurez pas ma haine », Antoine Leiris (12,90€) et « Nos 14 novembre », Aurélie Silvestre (15€) : comme beaucoup je pense, depuis Charlie Hebdo, chaque attentat a ébranlé un peu plus ma vision du monde et ma croyance en l’homme. Et le 13 novembre a été un véritable traumatisme, de par son ampleur, de par les valeurs et les symboles attaqués.
Ces deux livres qui n’ont rien à voir, à la base, forment un diptyque parfait de cette soirée particulière et des jours qui ont suivi.Deux personnes qui ne se connaissaient pas avant et se sont rencontrées suite à cet attentat. Deux parents, un père et une mère, qui ont perdu leur moitié mais doivent rester debout pour leurs enfants respectifs. Deux homme et femme comme les autres qui ne veulent pas devenir les symboles d’un combat qui n’est pas forcément le leur. Deux êtres écorchés qui livrent des récits bouleversants et puissants. De l’amour, beaucoup d’amour. De l’espoir et de la vie. De la pudeur mais de la mélancolie. Que ce soit lyrique comme Antoine Leyris ou brut comme Aurélie Silvestre, il s’agit de deux récits lumineux qui remplissent les yeux de buée.

« Si c’est un homme », Primo Lévi (6,30€) :je ne sais pas s’il est besoin de présenter ce livre qui se déroule dans les camps de concentration, pendant le deuxième guerre mondiale…
J’ai lu ce livre au collège et pourtant, chacun de ses mots se sont imprimés dans ma mémoire. Il s’agit de ces rares livres dont on peut dire qu’ils ont façonné l’homme que je suis devenu. Outre l’émotion extraordinaire qui se dégage de ce livre, Primo Lévi a vraiment changé quelque chose en moi. Un récit plein de pudeur et de force dans lequel Primo Lévi démontre que même privé de toute humanité, un homme reste un homme grâce à l’espoir.

« De coeur inconnu », Charlotte Valandrey (7,50€) : ce livre détonne par rapport aux quatre précédents, tant on pourrait penser qu’il n’a rien en commun avec eux. Et pourtant…
Je me souviens parfaitement qu’on m’a offert ce livre pour Noël. Typiquement, tout ce que j’aurais dû détester : une star dépassée qui larmoyait sur son sort, le tout certainement servi par un style insipide. Et pourtant… Dès que j’ai commencé à feuilleter ce livre, j’ai littéralement était embarqué. C’est simple, c’est doux, c’est (presque) magique, c’est bourré d’émotions. Il s’agit vraiment d’un livre que l’on lit d’une traite. Charlotte Valandrey est une passeuse d’histoires qui insuffle une dose d’amour et d’espoir dans chacun de ses mots et dans chacune de ses phrases. J’avais envie de terminer avec un livre plus léger car l’espoir n’est pas forcément à chercher dans les situations les plus noires. Bien au contraire, il est niché dans chacun de nous et dans chaque moment de vie, comme le prouve Charlotte Valandrey.

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5 commentaires sur “Les TAL du Tablier # 2 : et si 2017 rimait avec espoir ?

  1. Cela ne fait pas longtemps que j’ai découvert votre site qui est un régal pour les yeux et pour les papilles. Je ne suis donc pas très bien placée pour vous souhaiter bon courage face aux terribles épreuves que vous traversez. La perte d’un proche est terrible, traumatisante, indépassable. Elle nous rappelle en effet combien il faut profiter de la vie et des siens, leur dire combien on les aime avant qu’il ne soit trop tard. Tous ces mots ne feront pas revenir l’être cher. Mais pour lui ou pour elle, il faut continuer, le ou la faire vivre en soi et continuer de donner aux autres.
    Bien à vous.

  2. La vie est tellement précieuse…. et tellement fragile parfois… Je te souhaite malgré tout une belle année Romain, en espérant qu’elle soit plus douce pour toi et tes proches….

  3. Contente de te retrouver, même si ce sont des circonstances difficiles qui t’en ont redonné l’envie. Je souhaite donc que ton année soit encore plus intensément vécue que les précédentes. Enfin, les bon événements….

  4. C’est vrai qu’un passage dans certains services hospitaliers changent à jamais notre regard sur la vie et les autres. Cela fait plaisir de voir que tu as retrouvé le chemin du blog, C’est à la fois une contrainte, une discipline qui permet d’avancer certains jours et surtout une ouverture aux autres par le biais de cette gourmandise qu’on a envie de partager, ce que tu fais à merveille au travers de tes photos et de ton écriture. À bientôt.

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