Méli-mélo de saumon fumé et melon


J’essaie toujours d’utiliser des produits de qualité, maman m’ayant toujours répété comme un mantra que quand on cuisine de la merde, on retrouve de la merde à la fin. Or, j’ai beaucoup moins l’habitude de cuisiner des produits d’exception, si ce n’est pour de grandes occasions et très ponctuellement.
Le problème de ces produits d’exception réside dans le fait qu’on ne peut pas en faire n’importe quoi. Il faut que tout ce qui l’accompagne serve à le sublimer, à le rehausser ; surtout pas à l’écraser ou l’affadir. Bref, ça peut vite devenir compliqué (tout reste relatif quand même, hein). Tout ce préambule uniquement pour vous dire qu’aujourd’hui, je travaille un produit d’exception. Un saumon fumé artisanal.
Le saumon fumé tout le monde connait, tout le monde en mange plus ou moins régulièrement (notamment pour les fêtes de fin d’année) et de plus ou moins bonne qualité. Et c’est là que le bât blesse. On en mange régulièrement et pour pas trop, trop cher. Par conséquent, dans nos petites têtes, le saumon fumé est associé à tel prix. Dès lors, pourquoi aller acheter le même produit pour 2, 3 voire 4 fois ce prix-là ? A part être totalement idiot, il ne semble pas y avoir beaucoup d’autres explications. Le goût. Le goût et la qualité. Et on en revient toujours au même : l’argent. Quand on veut acheter un produit hyper qualitatif et hyper savoureux, il faut y mettre le prix. Il n’y a pas d’autres solutions et tous ceux qui vous disent le contraire disent des mensonges. Là, je ne parle pas de bien manger ou de manger sainement car, bien sûr, cela on peut le faire sans dépenser plus. Non, là, je veux vraiment parler d’un achat plaisir, d’un achat que l’on renouvellera peut-être moins souvent dans l’année mais pour lequel on prendra un plaisir incommensurable. A l’ère des grandes surfaces et de l’uniformisation des goûts, ça relève d’une véritable démarche personnelle et d’un changement de paradigme de notre société de consommation. On ne peut pas tout avoir, tout le temps à bas prix. J’avais déjà tenté de vous expliquer cette démarche avec le chocolat Valrhona mais pour que ce soit encore plus parlant, je vais vous prendre l’exemple de la glace à la vanille. J’en achète rarement mais un litre de glace, on doit être dans les 3€, je pense. Tout le monde connait le goût d’une glace à la vanille, tout le monde en mange régulièrement. Bref, c’est un produit de consommation courante. Sauf que si j’ai envie de me faire vraiment plaisir, je ne me rue pas chez Carte d’or. Non, je vais acheter une gousse de vanille et je fais ma glace moi-même. Et à l’heure actuelle, je vous le dis tout de suite, acheter une gousse de vanille revient plus cher qu’acheter un pot de crème glacée. On n’est pas du tout dans la rentabilité, uniquement dans la recherche du plaisir et de la saveur, tant le parfum d’une vraie gousse de vanille se trouve à des années lumières des saveurs artificielles présentes dans tous les aliments industriels à la vanille…

Je ne sais pas si je suis clair mais c’est exactement la même gymnastique qu’il faut adopter avec ce saumon artisanal (et plus globalement vis à vis de toute notre alimentation mais c’est un autre sujet)… Ce saumon artisanal est onéreux, c’est un état de fait, mais uniquement si on le compare à celui que l’on achète en supermarché. Or, il n’y a rien de comparable. La saveur, la texture, l’épaisseur, la saisonnalité, tout est différent. Tel saumon correspond à telle période de l’année. Tel saumon est plus ferme ou parfumé que celui-ci. On ne sait pas tout ça ou alors on se plait à l’oublier. Cet été, j’ai découvert que le saumon est comme du café, du thé, du vin, du pain, ce n’est qu’un terme générique qui recouvre des réalités très variées. En supermarché, tout est interchangeable, pas là. Encore une fois, on est sur une autre démarche, une autre volonté que les grandes surfaces. C’est de l’artisanat, du sur-mesure, de l’amour. 
Une fois que je vous ai dit tout cela, j’ai presque tout dit. Ces produits d’exception, on les retrouve au Fumoir d’Annie sur l’île d’Oléron. J’ai rencontré Gérard et Annie Delsuc cet été et ils m’ont parlé de leur entreprise avec passion. Cette recette n’est pas la mienne, c’est la leur. Ils l’ont peaufiné au fil des années, je n’ai fait qu’y adjoindre quelques changements et la « mettre en scène ». Si vous passez sur l’île d’Oléron, je ne peux que vous encourager à aller leur rendre une petite visite. 
A titre personnel, j’ai littéralement flashé sur cette recette et on reste un peu dans le fil rouge de cet article avec un changement de perspective. On sort des sentiers battus. Adieu le jambon sec/fumé, le porto/pineau et bonjour la Provence avec le melon et l’huile d’olive… On ne dirait pas comme ça mais cette recette répond à un vrai cheminement. Mais cette histoire n’est plus la mienne, c’est celle de Gérard et Annie Delsuc et je leur laisserai le soin de vous la raconter quand vous irez les rencontrer dans leur boutique/atelier… 
En attendant de vous croiser en Charente-Maritime, je vous souhaite une très belle soirée et vous dis à très vite ! 

Infos pratiques :
– Quantité : 2/4 personnes
– Difficulté : ☆☆☆☆
– Préparation : 30 minutes
– Congélation : 2h
– Cuisson : /

La liste de courses 
Pour l’assiette :
– 1/2 melon,
– 1/2 avocat,
– 4 belles tranches de saumon fumé,
– 1/2 citron.

Pour le granité :
– 4 CAS d’huile d’olive de Provence de qualité,
– 2 CAS de jus de citron jaune
– 5 belles feuilles de basilic,
– Du parmesan.

Pour le dressage :
– Quelques feuilles/cress de basilic (classique, pourpre, nain…),

La liste des ustensiles :
– 1 couteau bien aiguisé ou 1 mandoline,
– 1 planche à découper
– 1 économe,
– 1 petite tasse.

Concrètement, cuisinons…

Le granité
1. Avant tout, on commence par réaliser le granité. Dans un petit récipient (une petite tasse, par exemple), on verse l’huile d’olive et le jus de citron.On émulsionne. Ensuite, on hache très finement le basilic que l’on ajoute à l’émulsion huile d’olive/citron.
2. On place au congélateur et, très régulièrement (toutes les 1/2h ou 1h), on gratte avec une fourchette le liquide qui commence à figer afin d’obtenir un granité.

L’assiette
1. Avec une mandoline ou un couteau, on taille finement le melon. On fait de même avec l’avocat (je n’ai utilisé que les tranches du coté où il n’y a pas le noyau) et on citronne chaque tranche pour ne pas qu’elles noircissent.
2. Avec un économe, on réalise quelques copeaux de parmesan.

Le dressage 
1. Dans le fond d’une assiette, on dépose harmonieusement et de manière à donner du volume le melon et le saumon. On intercale quelques fines tranches d’avocat.
2. On dépose quelques feuilles/cress de basilic, quelques copeaux de parmesan et, au moment de servir, on ajoute un peu de granité (personnellement, je l’avais légèrement dissimulé dans les cônes de melon pour créer un effet de surprise).

Astuces :
– On ne dirait pas comme ça mais hacher le basilic, c’est tout un art. On commence par hacher très finement mais on ne hache surtout pas en plusieurs fois. Si vous passez de nombreuses fois sur le basilic, celui-ci va très vite s’oxyder ET tout le parfum va rester sur la planche à découper. Dommage, non ?
– Pour obtenir des tranches fines de melon, j’ai commencé par utiliser une mandoline. Certes, on obtient quelque chose de très fin mais le melon étant très aqueux, il aura tendance à marquer (je n’ai utilisé ces tranches très fines que pour faire les cônes). C’est pour cela que j’ai utilisé par la suite un bon vieux couteau.
– Cette entrée est très simple à réaliser et ne nécessite aucune cuisine à proprement parler. Par conséquent, il est primordial d’utiliser des produits de grande qualité. Un excellent melon. Du saumon fumé artisanal. Une huile d’olive bien parfumée mais pas trop forte. Un bon parmesan. Un avocat mûr mais pas trop (ça n’est pas bon, ça devient difficile à travailler et ça serait trop gras en bouche pour manger avec du saumon).
– Pour le dressage, il faut vraiment mettre quelques feuilles de basilic (3 ou 4) car cela parfume beaucoup. Idem pour les copeaux de parmesan qui sont là uniquement pour apporter une petite pointe de puissance.
– Cette entrée se déguste bien froide, presque frappée. Pour obtenir cette fraîcheur qui fait tellement de bien quand il fait très chaud, vous pouvez passer les assiettes quelques minutes au congélateur.
– Pour les photographies, j’ai utilisé une grande assiette. Il va sans dire que pour une entrée, ces proportions seraient pantagruéliques. Il faut adapter à une assiette à dessert. Toutefois, j’ai trouvé ce format sympathique pour un apéritif, à picorer entre amis ou en famille. A la maison, c’est ce que nous avons fait en tout cas !

En conclusion, dégustons ce méli-mélo de saumon fumé et melon !

 

Une entrée estivale avec ce méli-mélo de saumon fumé et melon

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